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Au coeur de Tropisme

Pour les montpelliérains le festival Tropisme est toujours un moment que l’on attend particulièrement à l’arrivée du printemps. Cette année il se déroule du 30 Mars au 2 Avril, pour l’occasion j’ai rencontré Vincent Cavaroc, le directeur artistique de Tropisme, afin qu’il nous donne un aperçu de cette édition basée sur l’Immersion.

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Vincent, tu es directeur artistique du Festival Tropisme, peux-tu nous expliquer comment est né ce festival ?

A l’origine, avant de s’appeler Tropisme, c’était un festival bien connu à Montpellier, Montpellier 100%, un festival très musical. Avec Illusion & Macadam, coopérative produisant le festival, on a décidé de reprendre le festival, changer son identité, son nom il y a 4 ans et aller sur un Festival avec d’un côté de la pop culture et de l’autre du numérique, dans la question des usages de marge du numérique. On a créé un festival en 2 parties, une programmation artistique assez pop et une partie académique liée à la réflexion. L’idée est de montrer qu’il n’y a pas besoin de faire un clivage entre les deux, en général chacun est dans son coin, nous on mélange tout et on met pleins d’enfants au milieu, de la nourriture, on décloisonne vraiment les formes. Aujourd’hui on se dit que cela ne sert à rien de faire uniquement un festival qui ne serait que musical, ou de faire seulement un forum de réflexion, ou quelque chose pour les enfants, on met tout dedans parce que c’est comme ça qu’on vit aujourd’hui.

Cette année une soirée se déroule à Toulouse en plus des 4 jours à Montpellier, est-ce dans la continuité de cette volonté de décloisonnement que d’agir dans notre nouvelle grande région ?

C’est une soirée warm-up et un clin d’œil car maintenant on fait partie d’une grande région. The Waiting Room, un label de soirée assez connu à Toulouse dont le parti pris est la musique électronique assez exigeante dans des lieux patrimoniaux atypiques, nous ont invité à faire une soirée Warm-up. Elle aura lieu à Toulouse la veille du lancement du festival. C’est un petit clin d’œil car le Festival se passe entièrement à Montpellier et avec un changement de lieu important.

D’ailleurs peux-tu nous en dire plus sur ce changement de lieu ?

Depuis 2 ans le festival se déroulait à la Panacée, on avait bien trouvé nos marques avec 25 000 personnes par édition depuis deux sur presque 3 semaines de festival, ce qui était un record absolu pour la Panacée. Ça montrait bien que notre public se retrouvait très bien dans ce lieu. La Panacée a changé de direction c’est Nicolas Bourriaud qui va sur un projet beaucoup plus centré sur l’art contemporain. En lien avec la ville de Montpellier, un de nos partenaires, nous avons cherché un autre lieu. On est allé vers Victoire 2 et l’Ecolothèque, qui constitue un même domaine, le domaine Mas de Grille. Il se situe entre Montpellier et Saint Jean de Védas, est accessible en tram et présente pleins d’avantages. Il présente un inconvénient, ce n’est pas du centre ville et notre public venait du centre, ensuite on ne peut pas pendant 3 semaines imaginer avoir du public là-bas. C’est pour cela que je reviens sur un festival très condensé de 4 jours. Les grands avantages : l’espace est très grand, on peut avoir une liberté totale, on a une grande salle de concert de 660 places, on vient de créer une scène extérieure permanente, un grand patio avec sauna et guinguette, une scène de 300 places, une autre scène extérieure pour les enfants avec l’Ecolothèque de plus de 300 places et cette ferme pédagogique qu’est l’écolothèque avec ses 4 hectares où l’on va pouvoir faire pleins d’ateliers. L’idée c’est d’avoir 16 minutes de tramway, 5 minutes de marche, en voiture c’est assez simple d’accès, et lorsqu’on arrive là-bas on est dans une oasis, un univers. On peut y passer des heures et des heures, faire le son qu’on veut, fumer, boire. Un vent de liberté qu’on ne peut pas retrouver en centre ville. A la Panacée, tous les soirs on avait des problèmes de voisinage, donc là-bas le maître mot c’est l’immersion. On lâche prise.

Cette année vous avez invité du beau monde dans la programmation musicale, d’ailleurs comment a-t-elle été pensée?

Je suis parti des contraintes du lieu, j’étais obligé d’avoir des « Têtes d’Affiche » pour générer de la fréquentation par l’entrée musique, il y a donc plus de musique et de lives que les années précédentes. Dans les têtes d’affiche il y a le Crew de Ed Banger qui est un label de musique électronique assez essentiel en France, ils ont découvert Mr. Oizo, Breakbot, Justice… là c’est Para One, Busy P, le fondateur et ex manager des Daft Punk, et Boston Bun qui s’y collent. Après on a 4h de mix avec Nova, avec des gens que j’aime beaucoup. On retrouve aussi Paradis, Aufgang, Cabaret Contemporain, ect.

L’idée était d’avoir une ossature de festival plus classique car il faut attirer des gens sur un temps plus court, je ne déshabille pas pour autant l’aspect exposition. On investit tous les studios de répétition de Victoire 2 et on fait une grande exposition autour de la réalité virtuelle. On retrouve les ingrédients habituels que l’on retrouvait à la Panacée, mais ceux sont les pourcentages qui changent un peu. Beaucoup de concerts et une exposition, un peu plus réduite mais qui reste la plus grosse expo de réalité virtuelle de toute la région avec plus de 30 expériences.

 

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Cette année il y a aussi une nouveauté, vous avez lancé un concours pour découvrir une nouvelle artiste féminine, comment vous est venu l’idée ?

C’est difficile de composer un programme sans penser à la place féminine. Au fur et à mesure que je bookais des artistes je me suis rendu compte qu’il manquait aussi une partie créative féminine. Ce n’est pas qu’on l’oublie mais c’est tellement inscrit en France ce côté assez machiste dans la culture. On s’est dit qu’il était intéressant pour nous de collaborer avec PWFM, une webradio électro, on s’est dit qu’on pouvait travailler sur un concours autour d’une figure féminine. A coté de ça, c’est l’idée de découvrir une artiste plutôt en développement, une artiste femme dans la musique électronique, ce qui est plutôt rare. Par ailleurs on retrouvera des présences féminines dans pleins de groupes.

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Tout à l’heure tu parlais des enfants, y en a-t-il vraiment pour tous les goûts ? Pour les enfants les ateliers sont ouverts à partir de quel âge ? 

Le samedi et le dimanche ça va être dingue, on condense tout le programme kids en 2 journées. Les ateliers sont ouverts de 4 ans à 15 ans, avec des ateliers pour chaque tranche d’âge, et puis il y a deux énormes boums. On a 6 ateliers avec tous les âges différents ce qui donne une quinzaine d’ateliers. Les enfants vont pouvoir apprendre à faire des instruments avec la nature, créer des instruments et aller jusqu’à l’enregistrement, faire des sessions de production musicale, des sessions pour apprendre à créer des parfums et des tisanes avec la nature, etc. On va être à la fois pour les enfants entre l’éveil d’une conscience créative plutôt musicale et l’éveil d’une conscience écologique. Aujourd’hui les enfants dès l’âge de 3 ans ont une tablette numérique dans les mains, mais il va falloir déconstruire ce rapport à la technologie pour comprendre ce qui se cache derrière. C’est pareil pour l’écologie, avec des petits gestes on peut comprendre qu’on peut vivre différemment, c’est l’une des missions du festival.

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Avec ce grand décloisonnement tu nous parles aussi de nourriture durant Tropisme, quelles formes est-ce que cela va prendre ?

A travers notre entrée qui s’appelle Foodisme, on aura des food trucks, un point de restauration, et deux temps forts. Le samedi après-midi on fait un food-court, une forme issue des pays anglo-saxons, chaque stand propose une spécialité et on vient composer notre menu avec des producteurs locaux. Le dimanche il y aura un grand brunch pour 300-400 personnes par les TropiChefs qui vont déconstruire la question du brunch à l’anglaise.

 

Pour comprendre un peu plus les coulisses de Tropisme, combien de temps cela vous prend d’organiser le festival et de combien de personnes est composée l’équipe ?

Pour ma part c’est un travail de veille à l’année, dès que je vois un artiste je pense au festival. Le travail de production c’est une directrice de production qui bosse pendant 5 mois de façon intensive dont 2-3 mois très intensifs, une chargée de communication sur les mêmes délais, un régisseur technique, 2-3 mois pleins. C’est l’équipe de base puis lorsqu’on approche à 1 à 2 mois du festival, on commence à s’équiper, le stagiaire en communication, en production, en technique.. on renforce nos rangs avec la sécurité, l’accompagnement, les techniciens, les bénévoles. A la fin sur un festival qui dure 4 jours, on se retrouve à être une bonne quarantaine. C’est beaucoup de travail pour 4 jours, c’est complexe si on veut toucher les gens, faire quelque chose de cohérent. Faire un festival, ça part d’une expérience très singulière, je suis tout seul à réfléchir à des trucs, à la fin on est 40 à mettre tout ça en œuvre.

 

Pour terminer qu’est qu’on peut vous souhaiter pour cette édition ?

Premièrement, vous me souhaitez qu’il fasse beau. Ensuite, que les montpelliérains et ceux d’ailleurs comprennent que c’est pas la Panacée, qu’ils prennent le tram ou la voiture. D’ailleurs pour les stimuler à prendre le tram,  on a créé une œuvre sonore géolocalisée sur une application SoundWays, Felix Jousserand, auteur de la région, et Frank Rabeyrolles, musicien, ont créé une œuvre sonore sur SoundWays, qui permet d’aller du tram comédie jusqu’au tram Victoire 2. Elle ne s’écoute que là.

Donc, qu’il fasse beau et que les gens viennent. Sans ça, cette année pour nous c’est une grosse prise de risque, tout une part de l’économie est focalisée sur les recettes propres, les entrées, le bar. Il faut que les gens viennent.

Plus d’informations sur Tropisme : SitewebFacebook

 

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